Pour une Europe sociale, durable et démocratique

 

1.    Pourquoi je me trouve devant vous aujourd’hui ?

 

¨     Une date symbolique

Je voudrais tout d’abord commencer par souhaiter un bon 8 mars à toutes les femmes puisque c’est la journée internationale des droits des femmes.

C’est important de rappeler pourquoi il faut célébrer le 8 mars. Pendant quatre ans, j’ai été vice-président du comité d’avis pour l’égalité entre les femmes et les hommes au Sénat et je mesure bien le chemin qu’il reste à parcourir vers l’égalité.

Je suis aussi père de 4 filles et enseignant et je sais qu’il reste un travail de conscientisation à faire tant pour les garçons que pour les filles.

On le sait les inégalité femmes-hommes restent importantes au niveau :

  • salarial
  • de la représentation dans les sphères de décision, les postes à responsabilité, les conseils d’administrations des grandes entreprises
  • politique
  • des réseaux sociaux

Et en politique, je vous invite à vous méfier. Tout le monde politique de gauche et de droite va poster aujourd’hui des beaux messages sur Facebook et Instagram. Mais la réalité, et je l’ai vécue, c’est que quand on veut voter des textes contraignants, on voit que tous les partis ne suivent pas. Je l’ai vu sur la représentation des femmes dans les CA des entreprises du Bel20. Et on l’a encore vu dans le dossier du retrait de l’IVG du Code pénal.

 

¨     Recul démocratique et enjeux des élections du 26 mai 2019

 

Le 26 mai 2019, nous allons voter pour une triple élection :

une élection régionale, fédérale et européenne.

Ce sera le moment de faire des choix d’une importance capitale pour l’avenir …

         Pour l’avenir de la Wallonie et du bassin liégeois

         Pour l’avenir de la Belgique…

         Pour l’avenir de l’Union européenne

Jean-Claude Marcourt qui m’a précédé à cette tribune le 1er février dernier nous a rappelé combien cette élection est importante. On est en fait au milieu du gué. Il a rappelé très justement que Margareth Thatcher lors de son premier mandat a affaibli les syndicats et les a brisés lors de son 2e mandat.

Autrement dit, si le MR et ses alliés repartent au fédéral et dans les régions, on est parti pour une grande régression.

Cette régression, on la vit tous les jours dans notre quotidien. Il y a ici dans la salle un de mes amis qui a besoin d’un neurochirurgien pour des douleurs au dos. Et bien pour voir un neurochirurgien aujourd’hui à Liège il faut attendre 8 mois.

Ça c’est la situation très concrète dans laquelle on est entrés.

On pourrait aussi parler de la mobilité. 1 train sur 2 est à l’heure. On supprime 75 trains par jour ; 25 000 par an.

C’est la conséquence d’un « définancement » de près d’1MM pour la SNCB.

La situation est délicate au niveau fédéral belge mais elle l’est aussi au niveau européen. L’Union européenne (UE) ne séduit plus le citoyen et ses institutions sont en danger.

Avec le Brexit, l’UE va vivre, dans les prochaines semaines et pour la première fois dans son histoire, le départ de l’un de ses États membres très importants. Et comme tout le monde a pu le constater, ce départ, qui est la conséquence de discours simplistes et populistes, se fait dans l’impréparation et l’amateurisme les plus complets.

Ailleurs en Europe, la situation n’est pas moins inquiétante. En Italie, en Grèce, en Espagne, en Hongrie, en Pologne, en France, en Belgique, partout reviennent sur le devant de la scène des partis de tendance national-populistes qui nous conduisent à la régression sociale.

J’ai été particulièrement choqué au cours des derniers mois de constater à quelle vitesse ces reculs démocratiques se font. Il y a une situation qui m’a touchée en particulier : c’est celle de la municipalité de Lodi, en Lombardie près de Milan. Dans cette ville, le maire d’extrême-droite a décidé de priver les enfants de migrants de repas scolaires. Ces pratiques intentionnellement discriminatoires contre des enfants sont, pour moi, une abjection.

Depuis des années, le PS et tous nos leaders ne cessent de répéter que les dérives du système économique sont de plus en plus brutales et qu’elles provoquent des crises sociales qui alimentent en retour le repli sur soi, les nationalismes étroits et la xénophobie.

Nous devons tracer un autre avenir à l’Union européenne. Non seulement le tracer mais aussi l’imposer par notre mobilisation : un avenir plus juste sur le plan économique et fiscal, un avenir plus respectueux sur le plan environnemental et un avenir plus ouvert sur le plan culturel et humain.

¨     Pourquoi j’ai accepté de me présenter ?

 

C’est pour porter ces idées et faire face à la régression sociale que j’ai accepté de me porter candidat à la candidature sur la liste du Parti Socialiste pour les élections européennes.

Candidat à la candidature, ça ne veut pas encore dire candidat. ll faudra attendre le congrès du 17 mars prochain pour savoir si on sera entendus par le Parti …

Alors, il est vrai que j’avais annoncé, il y a un peu moins d’un an, que je souhaitais faire un pas de côté par rapport à la politique communale dans laquelle j’ai été engagé au niveau de la ville de Liège pendant 12 ans et me recentrer sur ma vie professionnelle et privée.

Il y a plusieurs raisons qui permettent d’expliquer pourquoi j’ai changé de cap et pourquoi j’ai décidé de renoncer au renoncement.

La première raison, je l’ai évoquée, elle concerne le climat sombre qui règne aujourd’hui sur l’Europe et contre lequel je souhaite lutter.

La deuxième raison, tient au fait que cet engagement m’a été proposé. Et je voudrais ici remercier Jean-Claude Marcourt qui a œuvré pour m’amener à revenir m’engager encore une fois sur une liste pour défendre un projet socialiste et une vision de gauche.

Enfin la troisième raison est plus personnelle. Un engagement politique, ce sont des sacrifices personnels, des sacrifices pour la famille et l’entourage. Quand vous vous battez et que votre entourage a le sentiment que vous donnez trop, vous finissez par perdre leur confiance. Et c’est ce qui m’est arrivé. C’est fort de l’encouragement de mes proches et de ma famille que je reviens.

En faisant cette démarche, j’ai bien conscience que je ne pourrai rien réaliser seul et que j’ai besoin de votre aide.

Et je voudrais remercier Jean Pierre Hupkens pour le travail qu’il accomplit à la ville comme Échevin de la culture, mais aussi pour le travail qu’il accomplit à la Fédération – j’en ai été le témoin – et ici, à la section de Bressoux.

Je voudrais aussi saluer Marie-Jeanne, Sophiane et Omer pour leur élection au Conseil communal de la ville. Avec quatre élus, la section de Bressoux, notre section, pèsera de tout son poids au sein du groupe socialiste à la ville. Je travaillerai à vos côtés pour faire encore plus rayonner nos élus.

 

2.    Lutter pour plus d’égalité est mon objectif principal

 

Nous sommes entrés depuis la crise financière de 2008 dans une période agitée et trouble de l’histoire du continent européen et du monde. La crise a eu pour conséquence de provoquer ou d’accélérer d’autres crises en cascade : économique, climatique, sociale et démocratique. Partout en Europe, on assiste à la montée de forces politiques nationales-populistes qui se nourrissent de ce terreau et de l’aggravation des inégalités.

 

Ce n’est pas de la théorie. Il faut voir sur YouTube le film Aube Dorée d’Angélique Kourounis et Thomas Jacobi. Les Grecs sont dans une misère insupportable. Beaucoup ont faim et se tournent vers l’extrême-droite qui leur apporte une aide alimentaire. Bilan : l’extrême-droite est devenue tellement forte que la sécurité dans les rues d’Athènes n’est plus assurée aux minorités visibles.

 

Aujourd’hui comme hier, c’est la responsabilité des socialistes de s’attaquer au cœur du système qui produit ces injustices et ces inégalités. J’en suis convaincu, notre parti doit radicaliser son discours sur l’accroissement des inégalités sociales. Car l’enjeu politique majeur qu’il faut affronter dans la perspective des élections régionales, fédérales et européennes du 26 mai prochain, c’est bien celui de l’égalité et de permettre à tout le monde de vivre avec un revenu décent.

On connait notre objectif. On sait où est notre combat.

Maintenant, comment le mener ?

 

¨     Trois axes majeurs

Ce combat doit selon moi être mené dans trois revendications centrales. Et c’est de ces trois points que je vais vous parler ce soir. Quand on m’a demandé un titre, j’ai proposé « Pour une égalité durable, sociale et démocratique ». Et un ami m’a fait la remarque « Pourquoi pas : Pour l’égalité ! ». Et je lui ai dit qu’il avait raison. Mais le préciser, c’est aussi préciser le sens de notre stratégie.

En matière d’égalité durable, ce que nous voulons au Parti Socialiste, c’est d’avancer sur des propositions qui prennent en compte les enjeux du climat et de l’environnement. En matière économique et sociale, nous devons soutenir l’économie réelle et « définanciariser » l’économie mondiale par une fiscalité offensive. Enfin, nous devons explorer toutes les voies pour redonner vigueur à la démocratie à partir du niveau local jusqu’au plus haut niveau.

 

¨     Pour une égalité sociale

Je m’engage pour une Europe sociale et contre les inégalités insupportables qui se sont accrues depuis le début de ce 21e siècle.

Je ne veux pas faire du jargon, mais je dois introduire une idée très importante : c’est celle de la financiarisation de l’économie mondiale, autrement dit de la globalisation financière.

Qu’est-ce que cela veut dire ?

En termes simples, les revenus du travail deviennent de moins en moins important par rapport aux revenus issus de la spéculation financière. Cela implique aussi l’accroissement de l’endettement des ménages, des États et des entreprises

La financiarisation de l’économie, c’est donc le mécanisme qui conduit à l’enrichissement de quelques-uns et à l’appauvrissement de la toute grande majorité des autres.

C’est ce que montre une courbe qui a été faite par un économiste serbe, Branko Milanovic, et qui s’appelle la courbe de l’éléphant !

Que montre cette courbe ? Que la classe moyenne est perdante, que les 1% les plus aisés profitent quatre fois plus de la croissance que la classe moyenne mondiale

On assiste à une augmentation vertigineuse du capital privé de quelques-uns et, plus grave, du déclin du capital public.

Le patrimoine public net (c’est-à-dire les actifs publics moins les dettes publiques) a diminué dans presque tous les pays depuis les années 1980.

Le patrimoine public est même devenu négatif aux États-Unis et au Royaume-Uni. Il n’est que légèrement positif au Japon, en Allemagne et en France.

Cela limite la capacité des états de réguler l’économie, redistribuer les revenus et freiner la croissance des inégalités. Les seules exceptions à ce déclin général de la propriété publique ce sont les pays riches qui possèdent des fonds souverains importants comme la Norvège qui est riche en pétrole.

Sur le plan social, le constat de départ est alarmant. Au sein de l’Union européenne, près de 10% de la population ne parvient pas à se nourrir convenablement. 50 millions d’Européens ont du mal à se chauffer. Des millions de jeunes ont du mal à se lancer dans la vie parce qu’ils sont privés d’emploi.. En Belgique, le nombre de personne qui vivent dans la pauvreté est de 15%, plus d’1million et demi de Belges.

La vulnérabilité sociale et l’incertitude face au lendemain sont devenues si problématiques et intolérables que certains parlent aujourd’hui de l’émergence d’une nouvelle classe sociale : le précariat.

Une action pour réagir pourrait être d’étendre la garantie européenne pour la jeunesse qui vise à offrir aux jeunes un emploi ou une formation dans les quatre mois suivant la sortie de l’école ou l’inscription au chômage. C’est un projet des socialistes européens à maintenir car il a permis d’obtenir des résultats prometteurs en peu de temps en Europe : neuf millions sont sortis du chômage grâce à cette mesure.

Une autre pourrait être d’interdire le « contrat zéro heure » sur le continent européen. Les contrats « zéro heure » sont ces contrats scandaleux pour lesquels l’employeur n’est plus tenu d’indiquer les horaires ni de garantir une durée de travail minimale alors qu’ils imposent au salarié de se rendre disponible à n’importe quel moment de la journée. Un nombre minimum d’heures de travail mensuel doit être garanti au contrat de tous les salariés.

Il faut aussi encourager le dialogue social, lutter contre le dumping social, interdire les licenciements collectifs si l’entreprise n’éprouve pas des difficultés réelles comme on l’a fait au Sénat avec Willy Demeyer dans notre proposition de modification de la loi Renault, faire converger les salaires et instaurer un salaire minimum dans chaque pays européen, équivalent à 60% du salaire médian de chaque pays.

¨     Pour une égalité durable

Je m’engage pour une égalité durable et une Europe plus ambitieuse en termes de protection de l’environnement.

Sur le plan climatique, la situation que nous devons affronter est préoccupante. L’empreinte des activités humaines a d’ores et déjà provoqué un réchauffement de la température supérieur à un degré. Les années qui viennent seront décisives pour prendre des mesures politiques courageuses et organiser ce que le mouvement syndical appelle une « transition juste« , c’est à dire un plan en faveur du climat et de l’environnement qui bénéficie à l’ensemble de la société sans faire supporter les coûts aux plus défavorisés.

Vous allez me dire qu’est-ce qu’il raconte Bousetta ? Et bien, une étude de la Fondation Bruegel vient de montrer que pratiquement toutes les mesures environnementales actuellement en discussion (sauf la taxation du kérosène) en Europe sont régressives, c’est-à-dire que  « La quasi-totalité des politiques climatiques impactent davantage les ménages à bas revenus que sur ceux à hauts revenus ».

Je défends le principe l’égalité durable. Cette vision repose sur la conviction que la protection sociale et celle de la planète vont de pair. L’aggravation des inégalités environnementales renforce les inégalités sociales. Plus les inégalités se creusent, plus il est difficile d’affronter efficacement l’enjeu de la dégradation de l’environnement. Les deux combats sont donc intimement liés. Les actions à entreprendre pour la justice sociale et environnementale sont elles aussi liées.

La justice sociale et environnementale ne verra le jour que si l’on affronte tous les conservatismes et qu’on s’empresse de transformer le système économique. On ne réglera ni les enjeux de la pauvreté ni ceux du climat si on ne redonne pas plus de pouvoir aux citoyens, si on ne fait pas contribuer le secteur financier à la transition et si on ne jette pas les bases d’un modèle de développement durable et inclusif. Le défi d’aujourd’hui et de demain est bien là : réinventer de toute urgence un modèle de société au bénéfice du plus grand nombre sans hypothèque pour les générations futures.

 

¨     Pour une égalité démocratique

Je m’engage pour l’égalité démocratique et pour une Europe plus à l’écoute de ses citoyens !

Partout en Europe, on assiste à un essoufflement démocratique, à une crise de confiance dans la démocratie représentative.

Cette crise de confiance, elle nait à cause du sentiment d’un éloignement des centres de décision. Le citoyen a le sentiment d’être mis à l’écart et qu’il est impuissant à provoquer du changement. Cela peut se matérialise dans des comportements de retrait comme l’abstention.

La crise de confiance s’accompagne aussi d’une défiance envers les institutions et d’une forme de ressentiment envers les élites. On le voit dans la mobilisation des gilets jaunes, cette défiance vise aujourd’hui les partis politiques mais aussi les médias qui sont pris pour cibles.

Mais cet essoufflement et ce ressentiment démocratiques, c’est aussi une crise des institutions intermédiaires dans leur fonction de traduction des attentes citoyennes en demandes politiques. Ici intervient la question du numérique et de l’horizontalité de la politique qu’il ouvre.

  • Essoufflement des modes de représentation classique et traditionnels
  • Remobilisation sous de nouvelles formes et avec de nouveaux outils.

Paradoxalement, le rejet démocratique a lieu au moment où les jeunes se remobilisent. On a vu une mobilisation de 15.000 jeunes dans notre ville en faveur du climat le 31 janvier dernier, la plus importante mobilisation de la jeunesse dans l’histoire de la ville de Liège.

Certains proposent de changer les règles du jeu de la démocratie représentative.

Il faut certainement tenter de nouvelles choses au niveau local !

Il faut démocratiser et protéger notre modèle de société ouverte, accueillante et bienveillante !

Mais, au niveau européen, il faut peut-être aussi pousser le Parlement européen, qui n’est pas souverain comme un Parlement national – il n’est compétent que dans les matières qu’on a accepté de lui confier – il faut le pousser à travailler avec les Parlements nationaux.  

 

3.    Le rôle de l’Europe dans le monde

 

L’Europe est à un tournant de son histoire. L’Europe est menacée ! Et pourtant l’Europe est essentielle dans nos vies.

Elle n’a pas les moyens d’assurer sa sécurité seule. Elle est face à la montée en puissance de la Chine, qui va devenir la première économie mondiale en 2050.

Si on nous avait dit qu’un des plus grands groupes chinois s’appellerait Ali Baba. Si on nous avait dit que ce groupe qui a à peine 20 ans s’installerait à Liège pour créer plusieurs milliers d’emploi, personne ne l’aurait cru.

Et pourtant il faut se préparer parce que les évolutions du monde sont et seront de plus en plus rapides.

Dans l’affrontement économique et politique entre les USA et la Chine, une question se pose : quel rôle est-ce que l’Europe doit jouer ?

Mon idée, c’est que l’Europe ne doit pas chercher à être le shérif de la planète à la place des USA. Elle doit chercher à diffuser le droit. Faire en sorte que la globalisation ne soit pas une globalisation de la force mais une globalisation des règles et du droit. Parce que le droit est un moyen de protéger le plus faible. C’est ce qu’on appelle la puissance normative. Je suis convaincu que c’est l’enjeu des prochaines dix années.

Il faut avoir des règles là où il n’y en pas. Mais il faut aussi avoir de bonnes règles.

On en a vu une illustration à Marrakech en décembre.

On en a une autre illustration avec le CETA (Accord économique et commercial global avec le Canada) qui prévoyait aussi des règles, mais des mauvaises règles comme par exemple le recours à des tribunaux privés pour régler des conflits.

Un autre endroit du monde où l’Europe doit défendre le droit : c’est la Palestine. Évidemment, je ne peux pas ici manquer de saluer une militante et une élue de la section de Bressoux pour laquelle j’ai la plus haute admiration et c’est Véronique De Keyser. Par le choix de ses combats et de ses engagements, Véronique est pour moi un exemple et un modèle.

Vous pouvez compter sur moi pour prolonger ses combats et notamment celui de la défense des droits du peuple palestinien. J’ai porté avec elle le projet de jumelage entre Liège et Ramallah. J’ai eu l’occasion de visiter la situation sur place et je mesure combien c’est important de poursuivre ce combat.

Certains vont dire « Enfin il défend la Palestine parce que ce sont des Arabes ». Il faut tordre le cou à ces idées-là. La question de la Palestine, elle est fondamentale et symbolique. La question n’est pas de défendre une identité mais le principe de la lutte contre l’occupation coloniale. J’en profite d’ailleurs pour dire que l’antisémitisme, qu’on voit revenir partout, n’a jamais fait avancer la cause palestinienne d’un centimètre.

On a épuisé une génération de leaders palestiniens qui ont pris des risques pour tenter d’arracher des accords de paix et qui sont aujourd’hui démonétisés et marginalisés par le cours de l’histoire. L’approche de Donald Trump qui a déménagé l’ambassade américaine à Jérusalem renforce cette humiliation qu’on a infligé aussi à d’autres peuples dans la région.

Si on veut construire un rapport apaisé avec notre environnement méditerranéen, on doit traiter la question palestinienne. Ou que l’on soit d’ailleurs.

Et on doit tendre la main à la jeunesse du reste du monde, qui aspire à la démocratie. Aujourd’hui en Algérie, les jeunes et les moins jeunes se lèvent pour dire non à un Président qui veut faire un 5e mandat à 82 ans. Après tout, il est 10 ans plus jeune que le Président tunisien qui, lui, a 92 ans.

 

4.    Conclusion : mobilisons-nous

 

Dans quelques semaines, des millions d’Européens sont appelés à renouveler leurs représentants au Parlement européen. Ce scrutin aura valeur de test car il verra s’affronter des visions radicalement opposées de l’avenir de l’Europe.

On le voit ! Partout sur le continent, les partis du courant national-populiste se renforcent et développent un discours anti-européen.

Face à eux, il y a nous ! Nous, les partisans d’une Europe basée sur des valeurs de démocratie, de société ouverte et de protection des droits fondamentaux.

Nous sommes appelés à nous mobiliser non seulement pour défendre l’Union européenne mais également la moderniser. L’Europe a besoin d’évoluer en profondeur.

Si elle veut retrouver l’adhésion du plus grand nombre et mettre en échec le scepticisme, elle doit tendre vers un horizon plus démocratique et plus social. Elle doit aussi se transformer pour être plus durable.